Ça s'arrange pas

  18 août 2016

Suite de nos galères mécaniques : on arrive à Urgench, au beau milieu de l’Ouzbékistan, où tout le monde roule en Chevrolet ou Dahiatsu, ou en Mercedes d’occase. Pas de Toy 4x4 à l’horizon. Donc les chances sont minces d’avoir des pièces ici. On s’arrêt quand même chez un petit garage qui nous redirige vers l’“Avtosalon” local, le concessionnaire Chevrolet d’Urgench. Chevrolet (et son associée Daewoo) a ouvert des usines d’assemblage localement et donc évite les taxes d’importation.

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On est reçu très gentiment pas le directeur, qui nous propose un siège dans son bureau climatisé pendant qu’on jette un coup d’oeil sous la voiture. Malheureusement personne ne parle anglais. Le directeur utilise un traducteur russe-anglais sur son PC pour communiquer, mais comme il fait des fautes d’orthographes à un mot sur deux, le traducteur s’en sort pas trop. Bref, on se comprend mieux par gestes avec les “master”, le mécano en chef.

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On démonte donc l’arbre de transmission (avec l’aide d’un “apprenti” de 19 ans et de son “aide” de 13 ans…) et on extrait le croisillon, dont les roulements tous pourris tombent en poussière. Le chef lui ne se démonte pas et va au bazar faire monter de nouveau roulements, vu que évidemment ils ont pas de pièces. Il propose également de refaire les silent-blocs de barre stab qui ont morflé : ça c’est facile, on remet du caoutchouc dans les pièces originales, pas de souci. Pour le croisillon par contre, on se demande si ça va marcher.. ? Tout cela prend toute la journée, heureusement il y’a un restaurant juste à coté avec une jolie terrasse.

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En fin de compte, on remonte l’arbre avec le croisillon refait et… bof, ça vibre encore beaucoup ! on montre le résultat au chef, qui insiste pour nous faire faire équilibrer les roues ! rien à voir, mais comment lui faire comprendre ? donc on fait un équilibrage qui, bien sûr, ne change rien (mais au moins ça peut pas faire de mal). On voit qu’on arrive au bout des possibilités de nos gars, qui ont été super-sympas et ont fait de leur mieux donc on repart tout de même en bons termes.

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Du coup on roule tranquillou, 70 km/h max. On aura peut-être plus de chance au Kazakhstan ? On commence par visiter Khiva, qui nous a passament déçu (trop propre et aseptisé), puis on part visiter les forteresses du Khorezm (post à venir), dont une est en “reconstruction”… selon les techniques de l’époque !

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Coïncidence, la jauge à carburant commence à déconner après ces petits détours, alors qu’on attaque une portion de 1000 km de désert sans ravitaillement. Donc petit coup de stress et on part à la recherche d’un supplément de diesel à Nukus, capitale du Karakalpakstan. Par de chance, tout le monde roule au gaz et donc pas de diesel (ni d’essence) dans cette partie du pays. On verra plus tard qu’on avait suffisamment de carburant, mais là on est plus trop sûrs.

On commence par essayer d’avoir un peu de diesel d’une pelleteuse (les engins de chantier roulent au diesel, évidemment), mais sans succès. Dans une autre station, on tombe sur un gars qui nous propose un plan pour avoir 40 litres de diesel, à 5000/litre au lieu de 3850 (env. 0.70€). On le suit jusqu’à une station où un copain nous débloque la pompe. On en saura pas si c’était légal ou du marché noir, mais peu importe finalement.

On peut donc partir pour l’ancien port de Moynaq, maintenant situé à 150 km de la mer d’Aral, pour voir les bateaux échoués au milieu du désert, un petit détour de 200 km. En route on tombe sur deux Karakalpakistanais (?) qui nous font signe au bord de la route. Leur jeep a un pneu plat et leur cric et HS. On leur prête donc le nôtre le temps qu’ils changent de roue. Super-sympas et très joyeux, ils fraternisent avec nous au point de nous refiler un jerrycan de 20 litres de diesel avant de partir ! Ils travaillent pour une boîte de forage de gaz, et apparamment ils ont accès au dépôt de carburant pour les machines. Peut-être qu’ils arrondissent un peu leurs fins de mois en traffiquant un peu ?

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De retour de Moynaq, alors qu’on boit le thé dans le bled au croisement avec la route principale, on les voit débarquer dans le bistrot : ils ont repéré notre bagnole en allant au taf. Retrouvailles, embrassades et délire sur Depardieu, de Funès et le commissaire Jouvet… cette fois ils s’arrangent pour nous faire servir de glaces avant de partir ! incroyable la gentillesse des gens ici.

On repart donc pour quelques centaines de kilomètres de désert, agrémenté uniquement de quelques chameaux qui vaquent tranquillement dans les saxaouls. Heureusement, la route est pas trop mauvaise, sauf les derniers kilomètres avant la frontière kazake.

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La nuit tombe, mais on décide de passer pour profiter de la fraîcheur de la nuit (il fait encore 40 degrès en journée et le soleil tape fort). Une file d’une douzaine de voitures attend avant nous, et n’avance pas très vite. Après une heure d’attente, un douanier nous repère et nous fait passer en tête de file. Sympa. Mais une fois dedans, on poireaute encore bien 2h en attendant que les douaniers incompétents et faignants veulent bien faire leur boulot ! On redoutait un peu la fouille et les contrôle des fameux papiers, car on est sensé se faire enregistrer par son hôtel tous les 3 jours minimum (nous on a campé ces derniers 4 jours donc pas de papier officiel). Finalement, la fouille est très rapide et sans histoire et les papiers ignorés. Bon, ben on a eu raison de pas s’en faire. Du coté kazake ils sont pas mieux organisés et on nous fait attendre plus d’une heure. L’un dans l’autre, on aura passé plus de 4h à passer cette frontière. Donc on fait une dizaine de km dans le désert et on ouvre la tente au milieu des pâturages de chameaux.

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C’est bien joli tout cela, mais on a toujours pas résolu nos problèmes… à suivre donc.