On avance sur deux pattes

  25 août 2016

Nous voilà donc au Kazakhstan avec nos problèmes et l’espoir ténu de trouver un peu plus d’aide au fur et à mesure que l’on progresse vers l’occident et la modernitude.

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En fait de progrès, c’est un retour en arrière brutal qui s’opère dès que l’on entre au Kazakhstan : la route est totalement laissée à l’abandon, des cratères énormes jouent le rôle de ralentisseurs automatiques, du coup pas l’ombre d’un radar à l’horizon ! Il n y’a “que” un peu moins de 100 km jusqu’à Beineu, le premier patelin en sortie du désert, mais ça nous prendra plus de 3h. D’autant plus que, suite à un passage dans un nide-de-poule un peu rapide, les lames de ressort se remttent de travers (de l’autre coté cette fois). On comprend pas vraiment ce qui se passe avec ces lames, mais ça commence à nous gonfler. On arrive donc au pas à Beineu, un bled paumé dans le désert sans autre attrait que sa banque et ses stations-service. Et encore : les distributeurs d’argent de la banque ne marchent pas avec la visa (on arrive quand même à changer 100$) et les stations-service rationnent le diesel : 30 litres maximum par client. Apparamment, il y a une pompe dans 200 km, donc on s’en contentera.

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La priorité est de trouver un atelier où on puisse démonter et redresser les lames (bien que j’aie toujours pas bien compris si les lames étaient pliées ou coincées dans une mauvaise position.. ?). On trouve que des petits mécanos qui bidouillent des Ladas, évidemment. On tombe sur un mécano qui nous dit OK, mais il commence par nous faire poireauter 1/2h (on a plus l’habitude !) et qui, finalement, quand il se met au boulot, montre l’étendue de son incompétence. Incapable de démonter le paquet de lames, on l’arrête au moment où il allait attaquer le tout à la meuleuse ! Faut les surveiller, sinon on se retrouve avec des pièces de Kamaz et des fils de fers qui tiennent le tout. Tout cela en essayant d’ignorer les commentaires relous d’un Kazakh ivre-mort qui vient passer le temps ici. Bref, on leut dit merci mais non, merci, on remonte le tout et heureusement, le démontage-remontage (même partiel) suffit à remettre la jumelle en place et les suspensions ne tapent plus. Bon, c’est au moins ça de gagné mais on a perdu toute l’après-midi (par une cheleur de ouf, inutile de le préciser). On a aussi vu que les bagues sont HS, mais bon, ça on s’en occupera quand on sera rentré, de toute façon on n’a plus vraiment de hors-piste en perspective.

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Heureusement, la route qui suit est toute neuve et parfaitement plate. On regrette juste de ne pas pouvoir aller plus vite que 70 km/h, à cause de notre coisillon qui vibre trop au-dessus de cette vitesse. Les locaux, eux, bombardent au volant de leur 4x4 tout neufs. La route relie Atyrau, la grande ville de l’ouest du pays et notre prochaine destination, à Aktau, le centre de l’exploitation pétrolière de la Caspienne. On trouve effectivement du carburant en route et les restriction cessent à partir d’Atyrau. A 0.35€/litre, on peut faire le plein comme si c’était une kangoo.

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On passe chez Toyota Atyrau au hasard, des fois qu’ils pourraient nous aider, mais non. Ils vendent des 4x4 tous neufs, mais des vieux modèles comme les nôtres, ça les intéresse pas. OK, alors davaï en Russie, peut-être que là-bas ils seront mieux équippés en pièces ?

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Les Kazakhs sont semble-t-il pas très atirés par la Russie, parce que la route entre Atyrau et la frontière russe est également délaissée par la DDE locale. On recommence à slalomer entre les nid-de-poule. Le locaux eux passent à fond, même s’il leur faut s’arrêter de temps en temps pour changer un pneu explosé.

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On passe quelques derricks qui témoignent de le pays ne manque pas de ressources, mais les petits bleds que l’on croise sont tous pourris. Comme la route longe le nord de la Caspienne, on décide d’aller voir de plus près à quoi elle ressemble, sans trop espérer tomber sur une paillote qui sert du poisson grillé, toutefois. Effectivement, on voit bien la mer, la plage est belle, quelques Kazakhs même pique-niquent, mais c’est tout son intérêt. Pas un arbre à l’horizon, donc pas un poil d’ombre et guère que des chameaux qui boivent l’eau de mer comme attraction. La mer à 30 cm de profondeur sur des kilomètres, donc impossible même de se baigner.

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On preprend la route. Passage de la rivière Oural : ça y’est, on est officiellement en Europe. Le passage de frontière en Russie n’est pas très compliqué, mais pas si rapide tout-de-même, vu que le douanier met 10 minutes à entrer chaque passeport dans son ordinateur, avec un doigt et galèrant avec les caractères latins. Mais on passe sans problème et on arrrive dans le delta de la Volga, qui modifie radicalement l’environnement : des rivières et des canaux partout permettent aux arbres et à l’herbe de pousser. On avait presque oublié à quoi ça ressemble !

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Astrakhan est une très grande ville, mais assez agréable car située au bord du fleuve. On est dimanche après-midi et les Russes se sont installés sur les nombreuses plages au bord de la Volga. On trouve un coin tranquille où on peut ouvrir notre tente et se baigner. L’eau est chaude et - apparamment - assez propre malgré la présence de nombreuse usines sur la rive opposée…

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Le lendemain, visite donc à Toyota Astrakhan, qui ne peut rien pour nous sauf nous réserver un rendez-vous pour dans une semaine. Ok, c’est donc ça la modernité. On leur fait comprendre qu’on n’a pas le temps d’attendre, et gentiment ils acceptent de téléphoner au concessionnaire de Volgograd (la prochaine grande ville sur notre route) de leur annoncer notre arrivée. Finalement, on obtient un rendez-vous le lendemain en fin d’après-midi. Entretemps, on a confirmation sur les forums que cela ne pose pas de problème de rouler sans arbre de propulsion, uniquement sur le pont avant. On s’arrête dans un bled chez un petit mécano qui nous dépose l’arbre en 10 minutes. Efficace et sympathique. On repart donc en traction, ce qui repousse le problème du croisillon à plus tard. Il y a quelques bruits bizarres sur le pont avant, mais ça marche carrément beaucoup mieux.

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En arrivant le matin à Volgograd (anciennement Stalingrad), on a le temps de faire un peu de tourisme, surtout pour visiter le fameux monument de Mamayev Kurgan, ou “Appel de la Mère-Patrie”, construit pour célébrer la victoire des Soviétiques sur les Nazis. On dira ce qu’on veut, les Soviétiques étaient champions pour créer des monuments impressionants et grandiloquents. Et les Russes ont repris ça à leur compte, on entre ici presque comme une église. Des plantons immobiles gardent la flamme qui brûle dans un dôme, relevés régulièrement par une escouade qui marche au pas de l’oie, observés par des touristes russes admiratifs et (pour certains) un peu nostalgiques de la grandeur passée de l’Union Soviétique. Nous, on se retient de rigoler trop fort, pas envie de finir au goulag. Non loin, le musée dédié à la bataille de Stalingrad est par contre très décevant : un empilement de mitrailleuses, de canon, de vielles photographies et de médailles diverses, pas aidées par un audio-guide anglais totalement inutile.

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On arrive donc à l’heure du rendez-vous chez Toyota, comme d’habitude dans des locaux luxueux et impeccablement nettoyés. Ils insistent pour faire un “diagnostic”, même si c’est pas ce que l’on veut, mais pourquoi pas. Entre-temps, il recherchent dans leur base de données le croisillon qui nous pose problème. On poireaute plus de deux heures dans leur caffeteria, jusqu’à ce qu’ils nous annoncent qu’ils ont trouvé les pièces, mais à Moscou : il faut compter quelques jours pour les obtenir. Du coté du diagnostic, ils détectent un peu de jeu sur une roue et sur l’arbre avant, mais rien de très grave. On les quitte donc de nuit, non sans avoir accroché la tente de toit en sortant la voiture de leur atelier (merci Alekseï !). Encore un arrêt pour rien, et en plus il faut trouver un coin de bivouac de nuit.

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La Russie est un retour progressif mais définitif vers la “civilisation” de la consommation. On voit encore quelques vendeurs qui exposent leur production au bord de la route, mais on croise également les grandes enseignes de la consommation mondialisée.

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Direction l’Ukraine, puis la Pologne chez un préparateur 4x4 à qui on a demandé de commander les pièces qu’on recherche depuis tant de temps.